J’ai suivi et écouté les différentes
interventions qui ont suivi la démission
du premier ministre nahdhaoui, Hamadi Jbeli. J’ai été fort surpris de
constater, y compris parmi les politiciens, qu’on continue à croire au miracle
que pourrait produire une nouvelle équipe gouvernementale aussi compétente soit
elle. On demande une équipe restreinte, des technocrates, des non partisans ou
semi-partisans et tant qu’à faire avec un programme, une feuille de route…Dans
le même temps on voudrait que cette équipe se consacre à la gestion des
affaires courantes et qu’elle ne reste pas longtemps aux commandes. Elle
durerait le temps qui demeurerait à l’Assemblée nationale constituante pour
nous présenter la future constitution laquelle serait annoncée dans les
prochains mois.
Le bon sens voudrait par contre que
pour remettre le pays sur les rails, il est essentiel de sortir du provisoire
et du transitoire, synonymes de court terme et de stagnation. Nous sommes dans
une situation où le pays ne cesse de s’enliser dans des difficultés financières
et économiques avec le risque d’une crise sociale qui guète. Le court terme ne
peut être propice à la mise en place de programme ni de feuille de route pour
répondre aux multiples défis dont la plupart ne peuvent trouver de solution
raisonnablement que dans le long terme tant au niveau de l’emploi, du tourisme,
des exportations et naturellement des investissements. Il est difficile de convaincre,
même les meilleures volontés parmi les amis de la Tunisie, de venir investir
dans ce climat d’atermoiements politique.
Je constate simplement que
l’intérêt du pays n’est suffisamment pris en compte. Il y aurait davantage
comme une lutte pour le pouvoir entre les nouveaux gouvernants et les anciens
qui aspirent, les uns à garder des privilèges tombés du ciel et nouvellement
acquis, et les autres qui tentent de préserver leurs privilèges et au besoin
revenir au pouvoir... Il semble que dans ce jeu politique tous les moyens sont
bons pour parvenir à ses fins. Seulement les résistances du pays diminuent. Il risque
de tomber sur ses genoux. Ajouter à cela le contexte régional et international.
Où se situe dès lors l’intérêt du pays dans tout cela?
Le seul miracle possible qui
pourrait sortir le pays de la situation actuelle ne réside pas dans la
formation d’une nouvelle équipe gouvernementale, mais dans la mise en place
d’une équipe aux postes ministériels clés. Celle-ci, tout en gérant les
affaires courantes, s’attèlerait et à
préparer et à garantir l’organisation des prochaines élections générales dans
les meilleures conditions et avec toute la crédibilité nécessaire pour leur
réussite. Dans le même temps, il convient de susciter l'accélération de l’élaboration
et de l'adoption de la nouvelle constitution.
Le nouveau premier ministre
procèderait ainsi à un simple remaniement touchant les postes clés et les rouages
ayant un impact certain sur la tenue d’élections véritablement démocratiques.
On gagnerait à organiser ces élections le plus rapidement possible.
Il faut en finir avec la perte de
temps à essayer de constituer un nouveau gouvernement forcément provisoire. Ce
dernier ne pourra pas résoudre les problèmes que rencontre actuellement le pays
et encore moins à répondre à toutes les revendications de différents ordres. Aussi longtemps que notre ciel manquera de sérénité,
il sera difficile d’entrevoir la sortie.
Naceur Ben Frija, le 20 février
2013
Je ne peux évidemment partager cette idée que vus développez :"Il y aurait davantage comme une lutte pour le pouvoir entre les nouveaux gouvernants et les anciens qui aspirent, les uns à garder des privilèges tombés du ciel et nouvellement acquis, et les autres qui tentent de préserver leurs privilèges et au besoin revenir au pouvoir... " Non ce n'est absolument pas cela car le parti ancien ne reviendra pas. Il est détruit par ce qui s'est passé et par la prise de parole de la société civile. le conflit est, en réalité, beaucoup plus grave car il voit s'affronter deux conceptions inconciliables de la vie du pays. Il n' y a pas de compromis possible avec les islamistes et il faudra donc, que d'une manière ou d'une autre, cette antagonisme soit tranché. je crains que la sérénité que vous appelez de vos voeux ne soit pas pour demain, hélas.
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